61 pièces majeures de Giorgio de Chirico léguées à la ville de Paris

Paris, le 11 juillet 2011, Art Media Agency (AMA).

La ville de Paris vient de recevoir par don soixante et une œuvres majeures de l’artiste italien Giorgio de Chirico. L’ensemble va rejoindre les collections permanentes du Musée d’Art moderne de la ville de Paris (MAM), qui possède déjà trois peintures du maître moderne.

Le MAM va maintenant posséder l’une des plus grandes collections muséales d’œuvres de l’artiste. La donation comprend trente peintures, onze sculptures et vingt dessins de l’artiste surréaliste, offerts par sa veuve, Isa de Chirico, en 1990. Les œuvres auront mis onze ans avant d’être la propriété de la ville de Paris. Ce délai s’explique par un contentieux entre Paris et Rome, qui prend sa source d’un souhait particulier émis par la femme de l’artiste dans son testament.

En effet, à sa mort, Isa de Chirico — née Isabella Pakszwer — nomme la Fondazione Giorgio e Isa De Chirico, légataire universel de l’ensemble des œuvres de son mari en sa possession. Mais, afin de remercier la ville de Paris du « rôle essentiel » que celle-ci a joué dans la carrière du peintre, elle fait don d’un cinquième de ses œuvres à la Ville lumière. Pour cela, elle demande qu’une fondation soit créée spécialement pour abriter ces pièces, et ce, dans les dix ans à venir, sans quoi les œuvres deviendraient la propriété de la ville de Paris.

Les relations entre Rome et Paris vont alors s’envenimer, d’abord pour des raisons fiscales, puis pour des questions de légitimité. En effet, la fondation italienne va contester la légalité du legs et refuse de restituer les œuvres à la France. Il faut attendre 2009 avec l’exposition « Giorgio De Chirico, la fabrique des rêves », organisée par Fabrice Hergott au MAM, pour que le conflit s’apaise entre les deux parties. Pour la première fois, l’exposition met en lumière l’ensemble de l’œuvre de l’artiste italien, sans oublier ses périodes « moins aimées » et cela touche la fondation romaine. Le dialogue reprend et les deux parties trouvent une solution amiable.

La ville de Paris — ville où De Chirico a exposé au début du siècle ses premières œuvres au Salon d’Automne de 1912 et 1913, notamment — est donc propriétaire d’une exceptionnelle collection d’œuvres de celui qui fut le créateur de la peinture métaphysique et un précurseur du surréalisme. Ce fonds est l’un des plus importants au monde des œuvres de Giorgio de Chirico et sa valeur s’élève à plusieurs millions d’euros.