Sanja Iveković: « Sweet Violence » au MoMA

New-York, le 12 octobre 2011, Art Media Agency (AMA).

Voici la première exposition muséale aux États-Unis dédiée à l’œuvre de l’artiste croate Sanja Ivekovic. Cette artiste à la fois photographe, sculptrice et féministe convaincue, exposera à partir du 18 décembre ses nombreux travaux, vidéos et photomontages. L’exposition couvre les quatre décennies de sa carrière remarquable.

Féministe et activiste, elle créée son style dans la période de l’après 1968. Son travail est aux antipodes des pratiques de l’art officiel de l’époque. Ses œuvres sont empreintes de la résonance multiculturelle, qui s’étend du photomontage conceptuel à la vidéo puis à la performance.

L’exposition rassemble un groupe historique de vidéos dont Personnal Cuts (1982), des installations médiatiques, photographies… On trouve également près de cents photomontages représentant la célèbre série « Double life » (1975-76), dans laquelle l’artiste a juxtaposé des photos d’elle tirées de ses albums personnels à côté d’annonces commerciales découpées dans les pages des magazines féminins.

Tandis que dans les années 1970, Ivekovic explore les qualités persuasives des mass-médias et leur potentiel à forger une identité faussée, dès 1990 – après la chute du mur de Berlin, la désintégration de la Yougoslavie et la naissance d’une nouvelle nation – elle s’est concentrée sur la transformation des systèmes politiques postsocialistes. Ses idées et questionnements se lisent à travers son œuvre ; elle offre ainsi une vue fascinante de la politique officielle et des paradoxes inhérents à la mémoire collective de la société.