Interview de Marion Rochard de la galerie Acte 2

Paris, le 8 novembre 2011, Art Media Agency.

Dans le contexte de l’ouverte prochaine de Paris Photo, Art Media Agency est allé à la rencontre de Marion Rochard, assistante / relations presse pour la galerie Acte 2. La galerie, qui sera présente sur la foire d’art contemporain dédiée à la photographie Nofound-PhotoFair, a pour but de faire se rencontrer tous les acteurs de l’image captée autour de projets uniques et originaux.

Art Media Agency (AMA) : Présentez-nous en quelques mots votre galerie :

Marion Rochard (MR): La galerie Acte 2 fut créée en 1999 par Alexandre Percy et Renaud Bergonzo.
Dès son origine, elle souhaitait présenter les maîtres les plus influents de la photographie. Il s’agit pour nous d’exposer les images de ceux qui ont tracé la voie, de Helmut Newton à David La Chapelle en passant par Peter Lindbergh ou Albert Watson. C’est tout naturellement que la galerie s’est au fil du temps ouverte à toute une génération d’artistes s’imposant comme un lieu d’exposition moderne et contemporain.
AMA: Faîtes-vous uniquement de la photographie ou également d’autres médiums ? Si tel est le cas, pourquoi ce choix ?
MR : Depuis bientôt dix ans, la galerie Acte 2 a su diversifier ses expositions et promouvoir les œuvres d’artistes de talent comme Melvin Sokolsky, Araki, Guy Bourdin, Richard Avedon, Irving Penn, Sugimoto… 2007 a marqué l’année de l’ouverture de la galerie au reste du monde. Nous développons notamment de fortes relations avec des galeries japonaises basées à Tokyo et Kyoto. Aussi, la galerie Acte 2 a su valoriser ses contacts avec le Moyen Orient à DubaÏ et Abu Dhabi en organisant notamment une première exposition de l’artiste photographe Cédric Delsaux. Grâce à cet échange culturel nécessaire à l’ouverture d’esprit d’un lieu dédié à la photographie et l’art contemporain, nous avons déjà eu la chance de faire voyager et se croiser des expositions complètes.
L’identité de la galerie est clairement photographique, mais cela ne nous empêche pas de promouvoir l’œuvre d’artistes contemporains au propos fort que nous souhaitons soutenir. Ce fut le cas pour Pascal Bernier, le Tokyo Kamen en collectif japonais et dernièrement Julien Levy.
AMA: Depuis quand avez-vous participé à Paris Photo et que pensez-vous de la Nofound-PhotoFair ?
MR : Cette année nous ne participons pas à Paris Photo, nous avions envie de nous tourner vers une foire émergente Nofound-PhotoFair. Nous avons été séduit par le lieu (le garage Turenne en plein coeur du Marais) et la direction artistique tournée vers une photographie très contemporaine, dynamique. Nous sommes impatients de rencontrer des professionnels de la photographie que nous ne connaissons pas encore.
AMA:  Paris Photo a t-elle gagné en qualité en changeant de locaux ?
MR : Difficile à dire, il est vrai que le Grand Palais est un lieu magnifique qui se prête parfaitement bien aux évènements culturels. Nous sommes fidèles à Art Paris, un rendez-vous qui nous tient particulièrement à cœur et qui se déroule en ce lieu. Il s’agit d’un très bel écrin pour l’art.
AMA: Participez-vous à d’autres foires ?
MR : Nous participons à Art Paris en France . Nous avons participé aux premières éditions de Art Paris Abu Dhabi et également à Menasart à Beyrouth. Nous travaillons activement avec l’Asie et notamment le Japon avec qui nous entretenons des rapports solides et réguliers. Avec le temps, ces relations privilégiés nous ont permis de nous ouvrir aux foires tels que Photo Taïpe, Photo Tokyo…
AMA:  Pensez-vous que Paris a bien le monopole de la photographie ? Pourquoi ?
MR : Que Paris ait le monopole de la photographie, je ne sais pas. Les Américains ont une culture de la photographie beaucoup plus forte et présente que les Européens, ils ont des galeries et des musées dédiés à la photographie depuis bien plus longtemps que nous. La notion de « marché de la photographie » en France est très récente et pas encore tout à fait intégrée par tout le monde ; il faut encore du temps.
En revanche, ce qui est certain c’est que la semaine de la photographie au moment de Paris Photo est un rendez-vous immanquable pour les amateurs et collectionneurs. Il y a une énergie incroyable autour du médium avec des évènements partout dans la ville.
Paris accueil admirablement bien la photographie le reste de l’année, nous avons la chance d’avoir la Maison Européenne de la Photographie et le Jeux de Paume entre autres lieux, mais nous ne prenons pas suffisamment de risque.
AMA: Quel type de collectionneurs recherchez-vous ?
MR : Nous n’avons pas de profil type. Il peut s’agir d’un jeune collectionneur qui s’intéresse à la photo et qui nous sollicite dans ses choix, comme un collectionneur avéré qui à des goût précis et des choix fermes. Nous nous adaptons à tous les profils. Il s’agit d’une rencontre à chaque fois, c’est ce qui est terriblement excitant. Nous recherchons tous les collectionneurs !
AMA: Qui sont les artistes que vous présentez pour cette édition et pourquoi ?
MR : Fatiguée de l’état dépressif du monde si j’ose dire, j’ai voulu inviter les amateurs de photos à une ballade positive et poétique à travers les travaux de Jock Sturges, Aline Diépois & Thomas Gizolme, Iain McKell ou encore Vincent Fournier.
AMA: Quelle est la fourchette de prix des œuvres que vous proposez?
MR : Entre 950 € et 9.500 €.
AMA: Quelles sont selon vous les raisons du succès de Paris Photo et de la Nofound-PhotoFair?
MR : NoFound-PhotoFair est une première édition, espérons que le succès sera au rendez-vous. Paris Photo est une foire prestigieuse un rendez-vous à ne pas manquer. Le succès est aussi le fruit du choix du directeur artistique et du comité de sélection. J’espère que l’ouverture à plus de galeries au Grand Palais et le changement de direction seront favorables au succès habituel de cette importante foire.