Ivry sur Seine, le 29 novembre 2011, Art Media Agency (AMA).
Isaac Celnikier, peintre et graveur survivant des camps d’extermination est décédé le 11 novembre 2011 à Ivry-sur-Seine.
Dans un bref texte autobiographique, il se décrivait de la manière suivante : « Je suis un survivant du ghetto de Bialystok – précisément, selon les statistiques d’après-guerre, je dois me trouver parmi les 26 survivants sur 50 à 60.000 Juifs de Bialystok anéantis. Il se peut que je sois maintenant parmi les tout derniers, ou le dernier survivant, en quelque sorte un survivant parmi quelques autres de mon propre peuple ».
Isaac Celnikier nait en 1923 à Varsovie. En 1939, il quitte sa ville natale pour celle de Bialystok afin de fuir les armées du IIIe Reich, mais il est ensuite enfermé dans le ghetto de cette cité où la population juive est rassemblée. En 1943, il échappe aux exécutions massives, mais il est déporté et passera notamment par les camps d’Auschwitz, Sachsenhausen et Dachau. Il réussit finalement à s’évader et s’enfuit vers Prague où il commence peu après des études d’art auprès d’Émile Filla, l’une des grandes figures de la modernité tchèque. En 1952, Celnikier revient à Varsovie et y fonde le groupe Arsenal, avant de s’établir en France en 1957. Profondément marqué par l’Holocauste, il fait de ce drame le sujet central de son œuvre, représenter l’irreprésentable. Ses références artistiques sont au départ puisées dans l’art de Rembrandt et Goya. Plus tard, dans sa pratique de la gravure, il s’inspire de l’ensemble de la culture expressionniste (des années 1910 à 1930). Le dessin est donc tendu, les angles vifs, la ligne cassée. Il utilise des couleurs sombres, rongées par les bruns et les noirs.
L’artiste avait reçu le Prix Mémoire de la Shoah en 1993 et a fait l’objet de nombreuses expositions, en Pologne dès 1989, mais aussi en République tchèque en 1995. Il a aussi été exposé en France, à Toulouse, Montpellier et à Paris où le musée du Judaïsme lui a consacré une exposition en 2007.