Wafaa Bilal rejette son troisième œil

New York, le 11 février 2011. Art Media Agency (AMA).

L’artiste Wafaa Bilal rencontra beaucoup de scepticisme de la part de personnes qui ont questionné la sagesse de son projet de se faire greffer une caméra à l’arrière de son crâne. Les étudiants de la New York University, où Bilal enseigne, ont aussi critiqué les implications du projet sur la vie privée du campus, étant donné que sa caméra envoie automatiquement les images prises partout où l’artiste se rend, sur Internet à chaque minute. Bilal vient de rencontrer sa plus vive critique, son propre corps rejette l’implant de la caméra.

L’opération originale a été réalisée dans une boutique de tatouage de Los Angeles, où une base en titane a été insérée entre la peau de l’artiste et son crâne. La caméra a été ensuite montée sur trois postes attachés à la base. Cependant, le corps de l’artiste rejette un des postes en métal, créant une douleur constante. Bilal a été traité pour son infection avec des antibiotiques et des stéroïdes mais la semaine dernière, la douleur était telle qu’il s’est fait enlever le poste problématique.

La performance, titrée 3rdI faisait partie d’une exposition au nouveau musée MATHAF de Doha qui débuta en décembre avec une installation représentant des mises à jours en directe des images de la caméra de Bilal. Tout en déroutant, 3rdI approche une tradition riche de modification du corps dans l’art, bien que le hasard de telles chirurgies artistiques soit notable. L’artiste d’augmentation du corps Sterlac, par exemple, s’est fait greffé une oreille humaine sur son avant-bras. Bilal a du subir une chirurgie pour enlever la caméra après une infection.

Malgré les revers, Bilal reste engagé dans la performance sans avoir clairement dit de quelle manière bien qu’il est annoncé vouloir réitérer l’expérience avec une caméra allégée.