Chiharu Shiota met du sucre dans son art

Lyon, le 10 mai 2012, Art Media Agency (AMA).

L’artiste japonaise Chiharu Shiota occupe jusqu’au 31 juillet 2012 le niveau 2 de la Sucrière à Lyon avec Labyrinth Memory une installation aux dimensions étonnantes. 1.700 m² d’espace investi, 1.000 mètres de coton satin et 600 kilomètres de laine ont été utilisés pour cette œuvre.

Comme nombre des œuvres, Labyrinth Memory est constitué d’objets du quotidien – ici, des robes de satin blanc – présentés au milieu d’un réseau de cordelettes noires enchevêtrées. Dans une interview parue dans le Journal des Arts le 10 mai 2012, elle dit que ces cordelettes représentent les connexions synaptiques présentes dans le cerveau, mais explique par ailleurs que l’on peut y voir une évocation des liens entre individus. Quant aux robes, elles sont issues des ateliers de Mongi Guibane. Né à Sousse en Tunisie, Guibane est une figure de la vie intellectuelle et artistique lyonnaise. Après avoir été chercheur en sociologie auprès de Pierre Bourdieu, il a dirigé un bar lyonnais branché avant de s’orienter vers le travail du tissu et en particulier de la soie.

Rejetant toute lecture uniquement féminine ou féministe, Shiota explique que ces robes symbolisent l’être humain dans son ensemble. Dans le communiqué de presse de la Sucrière, elle insiste sur la notion de la robe en tant que « seconde peau ». Les habits que nous portons, selon elle, en dit plus sur nous que notre peau. Dans ce labyrinthe de fils qui entravent une vision claire de ces robes, le visiteur se perd et peut prendre conscience de la « difficulté d’être ».

Née à Osaka en 1972 et installée à Berlin depuis 1996, Chiharu Shiota a été formée à l’art à l’université Seika de Kyoto, puis à la Canberra School of Art, à Brunswick en Allemagne et enfin à l’Université des arts de Berlin. Elle a fait l’objet de très nombreuses expositions aussi bien en Europe qu’au Japon ou en Australie. Parmi ses thèmes de prédilection figurent la mémoire, l’absence ou encore la relation à l’autre.

Lieu emblématique de la Biennale d’art contemporain de Lyon depuis 2003, la Sucrière a été récemment rénovée et a ouvert en février 2012 en tant que centre d’art et d’événements. Son deuxième étage est dédié aux installations de très grande envergure, avec pour vocation l’initiation du public, en particulier des scolaires, à l’art contemporain.