Inégalité des sexes dans le monde de l’art : une enquête d’East London Fawcett Group

Londres, le 1er novembre 2012, Art Media Agency (AMA).

À l’occasion de son audit sur la représentation des femmes dans le monde de l’art, Great East London Art Audit, le East London Fawcett Group — association pour l’égalité des sexes — a réalisé une enquête à la Frieze Art London 2012, foire qui s’est déroulée dans la capitale anglaise du 11 au 14 octobre 2012. Les résultats de cette enquête ont été publiés et repris dans la presse, notamment dans le Huffington Post, GalleristNY, ou encore Le journal des Arts, et artlyst.

L’audit conduit par le East London Fawcett Group a pour but de générer de nouvelles statistiques concernant la représentation des femmes artistes dans le monde de l’art. Il s’agit de considérer le ratio des genres au sein des galeries, des foires, des institutions, des musées, etc. Mener une enquête à la Frieze Art London 2012 n’était pas quelque chose d’anodin puisque la foire est sans aucun doute un des évènements artistiques — sur l’art contemporain — les plus importants du Royaume-Uni.

Les résultats communiqués par le groupe sont quelque peu alarmants. Ainsi seuls 27,5 % des artistes représentés à la Frieze Art Fair 2012 étaient des femmes. 67 % des galeries représentaient moins d’un tiers d’artistes féminines, contre 1,5 % pour les artistes masculins ; et seulement 3,7 % de galeries ont représenté le même nombre de femmes et d’hommes artistes. On remarque aussi que 6 % des galeries n’ont présenté qu’une seule artiste femme ou bien aucune.

Bien que ces chiffres semblent quelque peu pessimistes, le East London Fawcett Group a remarqué qu’en 2012 à la Frieze Art Fair, 23,3 % des expositions individuelles présentées par les galeries étaient celles d’artistes femmes. Ce résultat peut être comparé à celui déterminé par Laura McLean-Ferris — actuelle rédactrice en chef de Art Review — en 2008 qui révélait que seuls 11,6 % de ces expositions étaient d’artistes féminines. On note donc une légère amélioration qui selon Laura McLean-Ferris est une bonne chose, comme elle le confie à artlyst : « Il est bon de voir que les choses évoluent doucement. Je pense sincèrement que cela va s’améliorer avec le temps. »

Quant à Jude Kelly, directrice du Southbank arts center de Londres elle met l’accent sur un point très important pour le Huffington Post : « Si la culture est l’expression de ce que nous sommes, et si l’histoire des femmes ne représente rien dans ce paysage, alors l’idée que les femmes ne jouent pas un rôle important dans le monde, continuera à être diffusée. Et c’est mauvais pour tout le monde. » Bien que les choses semblent bouger assez doucement, certaines mentalités, elles, nécessitent encore d’être changées.