Un masque de Gorgone antique restitué à l’Algérie

Tunis, le 22 avril 2014, Art Media Agency (AMA).

Un masque de Gorgone, une pièce archéologique rare volée dans l’Est algérien en 1996 puis retrouvée en Tunisie, a été restitué à l’Algérie, d’après les informations de l’agence de presse APS.

La cérémonie de restitution du masque aux autorités algériennes, qui s’est déroulée au musée de Carthage à Tunis le 7 avril dernier, revêt une importance diplomatique particulière pour les deux pays, comme a tenu à le souligner la ministre algérienne de la Culture Kalida Toumi présente sur place. Elle a estimé que la restitution du masque était un « moment d’importance éthique et de grande portée symbolique et politique », compte-tenu de la « conjoncture régionale singulière ».

La ministre a également estimé que le vol de la pièce en 1996 sur le site d’Hippone (Annaba), commis alors que le pays était confronté au terrorisme intégriste, avait été vécu par le peuple algérien comme « un coup de poignard dans le dos » au moment où ce dernier était « mobilisé pour la sauvegarde de l’Algérie en tant qu’État, nation et société. »

Ce masque en marbre blanc de 320 kg avait été découvert en 1930 par l’équipe de l’archéologue français Choupaut. Il ornait la façade d’une fontaine publique jusqu’à sa disparition. Le masque n’a finalement été repéré qu’en 2011, au moment de chute du régime de Ben Ali. Il a été retrouvé dans la résidence de Sakhr Materi, gendre de l’ex-président tunisien, aux côtés de 165 autres pièces archéologiques, notamment d’époque romaine, selon l’agence tunisienne TAP. Le masque a d’ailleurs servit de pièce à conviction dans le procès intenté contre Materi pour trafic de pièces archéologiques et à l’issue duquel il fut condamné, en janvier 2012, à cinq ans et demi de prison ferme.