Archive du tag 'Hong-Biao Shen'

Le Géant nu de Hong Biao SHEN : entretien avec l’artiste

Paris, le 18 février 2013, Art Media Agency (AMA).

Le 31 janvier était inaugurée la statue Mongolian de Hong Biao SHEN par l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.  L’œuvre est installée dans la rue Soufflot, entre le Panthéon et la Sorbonne.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
Je suis né à Shenyang en Chine en 1969 et suis diplômé en sculpture des Beaux-Arts de Luxun. J’ai rejoint l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne après avoir effectué un stage aux Beaux-Arts de Paris avec le Professeur Abraham Pincas. Ce choix a été guidé par une rencontre avec Eliane Chiron, professeur à l’Université Paris I. Ainsi, j’ai décidé d’approfondir mon travail en suivant son cour de DEA avant de poursuivre par une thèse intitulée Le Ponctum comme hors champs: une poétique du choc dans la sculpture chinoise contemporaine.

Pourriez-vous nous présenter cette statue Mongolian ? Que représente cette statue pour vous ?
Cette statue est un don à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle exprime ma gratitude pour la Sorbonne. Cette œuvre représente un lutteur mongol de la grande steppe debout. Je cherche à représenter une force intérieure de la sculpture.  Les matériaux que j’emploie pour la sculpture sont souvent très durs, comme l’acier, le fer, le bronze et la pierre. La force intérieure de la sculpture est douce comme de l’eau. Elle s’étend jusqu’à l’extérieure, alors que la force extérieure presse l’intérieur. Les deux forces se compressent. Ma statue monumentale est une réponse à la grande steppe mongole. Mon art est un témoignage de ma vie.

Quelle technique avez-vous employé ?
Je travaille l’argile pour réaliser la forme. Ensuite, je réalise un moulage en plâtre, enduit de résine. Pour finir, la sculpture prend forme à travers la pose d’inox. Cette couleur cuivre est permise par une patine qui est à poser pendant six long mois par un professionnel, et en plein soleil.

Quelles sont vos influences artistiques?
Il y a deux sources d’inspiration pour mon art. L’une est la culture de la Dynastie des Han (206 av. J.-C. A 220 ap. J.-C.) et de la Dynastie des Wei (386 à 550 ap. J.-C.). Je consulte beaucoup de documents dans ce domaine, comme ceux de la brique de portrait (Hua Xiang Zhuan) et la pierre de portrait (Hua Xiang Shi) de la Dynastie des Han (Hua Xiang Zhuan). Deux époques glorieuses, marquées par la liberté artistique suivant la rigueur de la dynastie des Qin (221 av. J.-C. à 207 av. J.-C.)

L’autre repose dans la nature mongole et les coutumes de ses habitants, par exemple: l’équitation, la lutte et le tir à l’arc.  J’ai passé des années dans les grandes steppes où je me sens très à l’aise par nature. Entre le ciel et les steppes, il n’y a que moi-même.  J’y vais rendre des services à mes amis Mongols et élever mon cheval.

Est-ce que votre expérience en France influence également votre art? 
Mon expérience en France m’a permis de trouver le langage de mon art. Quand j’étais en Europe, j’ai redécouvert le sommet de la culture orientale. J’employais donc beaucoup de langage oriental pendant mes études.

Est-ce que cette statue a été déjà exposée?
C’est la première fois que cette statue est exposée à Paris. Elle a été exposée en Chine et à l’étranger : à l’Université de Pékin, à la Mercedes-Benz Arena à Shanghai, au Alibaba Headquarter à Hangzhou, en Australie et même en Indonésie.

Comment concevez-vous le rapport entre vos sculptures et l’espace?
La sculpture doit être une cerise sur le gâteau. Mes œuvres s’adaptent mieux à de grands espaces qu’aux petits espaces. Plus l’espace est grand, plus la force de ma sculpture se manifeste, ce qui est une caractéristique récurrente de mes œuvres.

Des étudiants parisiens lancent une pétition pour garder une statue d’homme nu

Paris, le 12 février 2014, Art Media Agency (AMA).

Une statue récemment installée dans la rue Soufflot du cinquième arrondissement de Paris, près de l’emblématique Panthéon, a retenu l’attention du public.

La sculpture monumentale de l’artiste chinois Hong-Biao Shen, qui pèse environ une tonne et fait quatre mètres de hauteur, représente un grand homme nu. Au fil des deux semaines de son installation, ell est devenue populaire auprès des habitants et étudiants du quartier. Son emplacement près de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne a incité les étudiants à lancer une pétition en vue de l’installation définitive de la statue à cet endroit. Tandis que l’homme de bronze était prévu pour rester sur place seulement pour une période d’un mois, la pétition évoque le fait qu’« aujourd’hui, il fait le bonheur de nombreuses personnes. Le matin, il donne le sourire aux étudiants avant de débuter les cours » comme une raison d’en faire un objet permanent de la rue.